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Hadopi : l'offre légale de contenus quasi invisible sur les moteurs de recherche


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La Hadopi a décidé de mesurer, grâce à l'outil Linkstrom, la visibilité de l'offre légale de contenus dans les moteurs de recherche. Et le résultat n'est clairement pas à la hauteur des espérances...

Dans le cadre de ses missions générales d'observation et d'encouragement à l'offre légale, l'Hadopi a souhaité s'intéresser à la visibilité de l'offre licite de biens culturels dématérialisés par rapport à l'offre illicite dans les moteurs de recherche. Les premiers travaux conduits en ce sens et présentés dans ce rapport prennent appui sur les sites labellisés, dont le caractère licite est formellement identifié. Dans sa première mise en oeuvre, le projet Linkstorm permet ainsi d'étudier en particulier le positionnement des offres de films dématérialisés dans les principaux moteurs de recherche utilisés en France, sur la base des œuvres mises à disposition par les sites labellisés.

C'est ainsi que commence le dossier auditant le référencement de l'offre légale de contenus sur les moteurs de recherche grâce au logiciel Linkstrom. L'étude, analysée en détail par le site Numerama, met le doigt où ça fait mal : les sites labellisés sont quasiment invisibles sur Google !

En effet, le rapport indique que "sur les deux moteurs considérés et sur l'ensemble des requêtes analysées en 15 semaines, les sites labellisés représentent 3 % des premières réponses". Deux types de requêtes donnent cependant de meilleurs résultats : "nom du film + télécharger" propose des sites labellisés pour 5 % des premières réponses, et "nom du film + VOD" monte jusqu'à 9 %. Mais on est encore loin d'une visibilité maximale...

La méthodologie utilisée a été la suivante : "le comportement d’un utilisateur lorsqu’il souhaite accéder à un film via un moteur de recherche. Sur 19 semaines d’analyse, dont 4 de test, il a permis l’analyse pour 300 films pour chacun desquels il a réalisé 8 requêtes par moteur étudié. Deux millions de résultats de recherche et 50 000 sites correspondants ont été traités par le programme".

Le rapport détaillé est disponible en ligne (format PDF).

hadopi-linkstorm
Source de l'image :Hadopi

Commentaires : 10
  1. Marie 19 mars 2013 at 11 h 49 min

    Un rapport tres interessant. Dommage qu'il ne fasse pas un plus grande part aux causes de cette situation. Je ne connais pas bien les sites de VOD francais, mais au Royaume-Uni beaucoup du contenu qui serait pertinent pour des requetes du type "nom du film + streaming" etc. se trouve cache dans l'interface logged in. Un gros potentiel non utilise.
    Si l'on ajoute le fait que certaines enseignes sont assez recentes, ce;la laisse la part belle aux site illegaux et autres sites de contenu.

  2. Abri de jardin 19 mars 2013 at 12 h 03 min

    C'est bizarre mais ça ne m'étonne pas... Quelle sera la prochaine requête d'Hadopi ? Demander à Google de mettre en avant l'offre légal ? Ca me semble compliqué, soit ces sites vont devoir booster leur référencement, soit cela risque de continuer dans ce sens (en même temps, les visiteurs cherchent moins de téléchargement légal qu'illégal, je suppose que de nombreux sites illégaux vont rester en pôle position....)

  3. Fonz 19 mars 2013 at 14 h 05 min

    Ca me laisse dubitatif. Tout d'abord, il aurait été intéressant de comparer réellement la visibilité des licites (globalisés) versus les illicites sans être parasité par les autres. avec cette méthodologie, on verrait très certainement un rapport de force plus équilibré.

    Ensuite, la quasi totalité des fiches des sites licites est en pur DC : même titre, même description et contenu très similaire. Seul Amazon fait des efforts en ce sens. Faut pas s'étonner que ces sites soient mal positionnés !

    Enfin, dans une majorité de requêtes contenant le nom du film, on retrouve systématiquement 3 sites en première page (voire dans les 5 premiers) : Allociné, l'inévitable Wikipédia et le site officiel du film. Ca laisse peu de place pour l'offre qu'elle soit légale ou pas.

    Et de toute manière ce n'est pas une question de visibilité. Ceux qui téléchargent illicitement le feront quand bien même le top 10 serait rempli d'offres légales. On voit qu'ils n'ont toujours rien compris au problème et qu'ils continuent à vouloir sauver leur système de rente qui n'est pas viable sur le web.

  4. Jojo 19 mars 2013 at 15 h 48 min

    Ce qui est dingue c'est qu'ils parlent de "sur-referencer" l'offre légale sans que personne ne s'en offusque plus que ça.... La réalité de cette situation c'est que les plateformes légales sous investissent sur le web, avec comme conséquence une offre pauvre, et des sites mal fichus, en grande partie parcque le support physique même en baisse sont encore très rentables. Tant que les DVD, et Blu-ray continueront à représenter 80% de leur CA, ces boites freinerons des deux pieds pour investir sur internet, et en VOD.

  5. Annuaire Français 19 mars 2013 at 18 h 08 min

    Sujet intéressant, qui pose encore une fois le problème de droit, de concurrence, et de liberté.
    Google s'accroche a se concentrer sur la satisfaction la plus large des internautes, et ainsi les garder, comme sa position dominante. Google ne tient quasiment pas compte des lois Françaises ou ne fait pas d'effort pour participer a une auto-régulation ou si peu.

    Est-ce sont rôle ?

    Il faudrait vérifier si ces sites "légaux" utilisent des stratégies SEO performantes, et donc, en conclure si c'est une intention de Google de les descendre des serps ou si c'est une conséquence indépendante de leur volonté.

    Je pense que la solution doit venir des éditeurs et des FAI avant tout, en proposant des forfait "FULL VIDEO" et "FULL MUSIQUE" a inclure dans l'abonnement internet, c'est le plus simple. Faut-il quand même mesurer l'impact, l'audience au titre par titre pour reverser la bonne part a qui de droit ... et être d'accord entre toutes les parties évidement.

    10 a 15€ / mois de plus pour télécharger a volonté film et musique? a titre personnel, je serait tout à fait disposé !

    Je ne crois pas dutout à l'efficacité de l'HADOPI .

  6. Thibaut 19 mars 2013 at 18 h 55 min

    10 à 15 € par mois ? ça va pas la tête... c'est hyper cher... Tu achètais à l'époque un DVD par mois ? en supposant que le DVD était à 15 €...

    Franchement, je ne rajouterai pas plus de 5€ par mois si c'est pour voir des bouses françaises... Et exit les Dujardin, les Boon et les Blanc qui se plaignent quand les internautes téléchargent.

    Perso, je suis à mon compte. Si je fais de la merde, je ne suis pas payé. Pourquoi ça ne serait pas idem pour les acteurs. Et vu la dernière polémique en date avec les subventions étatiques pour le cinéma français... je ne vais pas les plaindre.

    Quand un film est bien (en tout cas quand la critique sur allociné est dithyrambique, à partir de 3,5 par exemple), je vais au cinéma pour payer les acteurs. Bizarrement, il n'y en a pas tant que ça...

    Ensuite, les régies publicitaires qui se font du blé grâce au marché souterrain des forums de warez et de téléchargement, pourquoi ne reversent-elles pas une partie de leurs bénéfices ? voilà ce qui devrait être proposé...

    Quand je vois par exemple Microsoft qui porte plainte contre les forums de warez mais qu'en contrepartie elles y font de la publicité pour vanter les mérites du dernier windows... c'est pas un peu tiré par les cheveux ?

  7. Marc, Annuaire Français 19 mars 2013 at 21 h 00 min

    @Tibault , je ne suis pas du même avis que vous.
    J'ai une famille avec des enfants, et côté film et musiques, ca consomme pas mal ... donc, si au global des 2 la facture "redescend" a 10/15€ mois, mon porte monaie se porterait mieux. Donc, cette option devrait être une "option" a choisir selon ses besoins. Certains n'aiment pas plus que ca les films, ou la musique, c'est au choix de chacun.

    Ce forfait est (serait) destiné a rémunérer les distributeurs et chacun des films téléchargé, ce n'est pas dur de faire un compteur par film ... et d'effectuer la répartition, même si il n'y a qu'un film téléchargé ou 100. Il ne s'agit pas de rémunérer le cinéma Français, mais les éditeurs de films ou musique qui sont téléchargés uniquement.

    Pour les régies pub utilisant des sites "illégaux" , elles ne devraient pas tout simplement avoir le droit de les utiliser. Leur demander une participation reviendrait a autoriser ces sites illégaux ...

    Ce n'est que mon point de vue personnel, je ne suis pas acteur dans ce secteur, juste un simple consommateur.

  8. Aurele 20 mars 2013 at 0 h 25 min

    Merci pour cette information. Cependant, je trouve tout de même ces chiffres assez étonnant, en particulier au niveau de la requête sur les fichiers torrents.

    Je me demande si ces chiffres sont réels en fin de compte...à voir

  9. Sortie DVD 21 mars 2013 at 10 h 56 min

    Je me demande parfois pourquoi Hadopi a été crée, car depuis sa création rien 'a vraiment changé dans les moteurs de recherches, enfin dans les résultats de Goggle... Les sites proposant du contenu illégal sont toujours mieux placés que ceux qui proposent des Films ou de la musique à télécharger légalement. Depuis la fermeture de MegaUpload, les sites d' hébergement de fichiers`se sont multipliés, Kim dotcom à réouvert Mega le successeur de Megaupload qui à été fermé par le FBI et bientôt ça sera l'ouverture de Megabox pour la musique, sans oublié MegaMovies pour regarder des films en streaming. L'avenir s'annonce bien pour les offres légales !!! Pourquoi Hadopi ne pénaliserait pas Google de référencer les sites pirates, car finalement c'est le moteur qui incite au téléchargement illégal, non ?

  10. Moov'up 21 mars 2013 at 15 h 29 min

    C'est anormal et logique à la fois !

    Le fait que Google indexe plus facilement dans les SERP des résultats illégaux est lié globalement à la popularité dont il faut l'objet ! Il est certain que sur la toile, un lien vers un film disponible gratuitement engendrera naturellement plus de popularité qu'un lien vers un contenu payant !

    Et ceci pose la question de la qualité des résultats de Google. Est ce que quelque chose de populaire (et donc "accepté par tous" ou presque) est forcément qualitatif ? La réponse parait évidente : non !

    Maintenant, il est vrai que l'on est dans un cas de figure un peu particulier !
    Les contenus artistiques (image, audio et vidéo) pouvant être facilement copiés et difficilement protégés !

    Demain, avec son imprimante 3D, on pourra télécharger un "Penseur" de Rodin à mettre dans son salon !

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