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Ce qu'il faut retenir :
- Google a annoncé le 15 octobre 2026 davantage de liens dans AI Mode et les Aperçus IA, placés plus haut dans les réponses, avec un ou deux liens mis en avant pour certaines requêtes.
- Les carrousels d'articles d'actualité sont étendus à de nouvelles régions et langues, et Google affirme que l'usage de la fonction « Sources préférées » a été multiplié par plus de sept.
- Selon Chartbeat, cité par Le Figaro, les sites d'information ont perdu 40 % de leur trafic venu de Google entre juillet 2025 et juillet 2026, une période marquée par l'essor des résumés IA.
- Google ne fournit toujours pas de données de clics issues de ses réponses IA dans ses rapports, ce qui empêche les éditeurs et référenceurs de mesurer l'effet concret de ces nouveaux formats de liens.
Google remonte et multiplie les liens dans ses réponses IA
L’annonce a été relayée le 15 octobre 2026 sur Search Engine Roundtable, puis par Le Figaro avec l’AFP le soir même. Les deux sources se recoupent sur l’essentiel : Google modifie une nouvelle fois la manière dont il affiche les liens dans ses deux interfaces de recherche générative.
Pour rappel, les AI Overviews génèrent un résumé en tête des résultats classiques, tandis qu’AI Mode ouvre une interface conversationnelle séparée, avec une réponse plus développée. Lancés respectivement en mai 2024 et en mars 2025 aux États-Unis, ils sont arrivés en France sous les noms d’Aperçus IA et de Mode IA.
Premier changement : les liens contextuels, insérés directement dans le texte généré, deviennent plus nombreux. Google les placera aussi « plus fréquemment » dans la partie haute de la réponse, là où l’attention de l’internaute est la plus forte.
Deuxième changement : pour certaines requêtes, Google affichera un ou deux liens vers ce qu’il considère comme la « bonne page web ». Search Engine Roundtable précise que ce traitement est réservé aux requêtes qui le justifient, sans que Google ne détaille les critères de sélection.
Carrousels, articles connexes et profils : le détail des autres nouveautés
Des carrousels d’actualité dans plus de pays
Google étend ses carrousels d’articles liés à l’actualité. Il s’agit de vignettes affichées sous le résumé, avec le titre de l’article et une image d’illustration. Le Figaro évoque une extension « au monde entier », quand Search Engine Roundtable parle plus prudemment de nouvelles régions et langues.
Selon les informations partagées, ces carrousels privilégieront les articles publiés par des sources identifiées par l’internaute. Une variante reprendra des publications issues des réseaux sociaux ou de forums lorsque la requête porte sur des avis ou des points de vue.
La fonction « Sources préférées » en forte hausse
Google affirme que le nombre de personnes utilisant les « Sources préférées » a été multiplié par plus de sept. Pour rappel, cette fonction permet à l’internaute de désigner les médias qu’il souhaite voir apparaître en priorité. Il y a quelques jours, Google a d'ailleurs commencé à envoyer des informations sur ces sources préférées. Le chiffre est déclaratif : Google ne communique ni la période de référence, ni le volume de départ.
Des articles connexes plus visibles
Les liens affichés en fin de réponse, destinés aux internautes qui veulent approfondir, bénéficient d’un design plus visible, avec des vignettes, selon les captures publiées.
Des profils de créateurs qui renvoient d’abord vers Google
Dernier test en cours : sur les vidéos affichées dans AI Mode, le nom du créateur ou de l’éditeur est désormais cliquable. Mais comme le souligne Barry Schwartz, ce lien mène d’abord à une page de profil hébergée par Google, et non au site ou à la chaîne du créateur. Autrement dit, ce nouveau lien garde l’internaute dans l’écosystème de Google avant tout clic sortant.
Les données de clics restent absentes des rapports
C’est le principal angle de critique de Barry Schwartz. Google répète que ces évolutions visent un design « plus cliquable », mais ne fournit toujours aucune donnée de clics dans ses rapports de performance dédiés à l’IA.
Interrogé par le journaliste, Google a répondu qu’il continuait d’échanger avec les propriétaires de sites pour identifier les indicateurs les plus utiles, et qu’il ajouterait « des indicateurs supplémentaires au fil du temps ». Aucun calendrier, aucun engagement sur les clics.
Rappelons que le clic est la métrique que les éditeurs réclament en priorité, et qu’elle constitue aussi l’indicateur central de Google Ads. Le contraste est difficile à ignorer : Google mesure précisément les clics quand il les vend, mais ne les partage pas quand il s’agit d’évaluer le trafic qu’il renvoie gratuitement.
Barry Schwartz qualifie par ailleurs cette annonce de nouvelle itération parmi de nombreuses autres, avec le sentiment que les tentatives précédentes pour générer des clics depuis la recherche IA n’ont pas donné les résultats escomptés.
Un énième ajustement face à l’érosion du trafic des éditeurs
Le contexte chiffré éclaire la portée de l’annonce. Lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre 2025, Sundar Pichai, PDG d’Alphabet, indiquait que les Aperçus IA comptaient plus de deux milliards d’utilisateurs mensuels dans plus de 200 pays, rappelle Le Figaro.
Dans le même temps, plusieurs études ont établi que les résumés IA réduisent nettement les clics vers les liens proposés. Le Figaro cite un rapport de Chartbeat selon lequel les sites d’information ont perdu 40 % de leur trafic venu de Google entre juillet 2025 et juillet 2026. D’autres estimations évoquent des baisses comprises entre 30 % et 60 % selon les sites.
En France, le sujet a pris une dimension juridique. En août, l’Alliance de la presse d’information générale (Apig), qui représente les quotidiens français, a saisi l’Autorité de la concurrence. Elle estime que les résumés IA contreviennent aux accords conclus en 2022 entre Google et les éditeurs, dans le cadre des droits voisins. Pour rappel, les droits voisins encadrent la rémunération due aux éditeurs de presse pour la réutilisation de leurs contenus par les plateformes.
Un geste qui sert d’abord l’intérêt de Google
Le timing de l’annonce n’est pas anodin. Face à des éditeurs qui dénoncent publiquement leurs pertes et à une procédure ouverte devant l’Autorité de la concurrence, rendre les liens plus visibles permet à Google d’afficher une bonne volonté, sans fournir la donnée qui permettrait de la vérifier.
Le discours n’est pas nouveau. À chaque vague de critiques depuis le lancement des AI Overviews, Google a répondu par des ajustements d’interface présentés comme favorables aux clics.
Il existe aussi un intérêt plus structurel. Les réponses générées par Google reposent sur les contenus publiés par les sites. Si les éditeurs perdent leur modèle économique fondé sur le trafic et la publicité, ils risquent de produire moins ou de bloquer les robots d’exploration. Sans contenus frais, l’IA de Google n’a plus de matière à synthétiser, en particulier sur l’actualité. Maintenir un minimum de trafic sortant revient donc à protéger la source d’approvisionnement de ses propres réponses.