Vibe coding

Le vibe coding désigne une façon de programmer où l'on décrit ce que l'on veut à un assistant d'IA, où l'on accepte le code qu'il produit sans le lire, et où l'on corrige en lui recopiant les messages d'erreur. Le terme a été lancé par Andrej Karpathy le 2 février 2025 et prolonge l'IA coding, l'assistance à la programmation par des modèles de langage. Adapté aux prototypes, aux scripts d'analyse et aux outils internes d'un référenceur, il pose des questions de qualité, de sécurité et de maintenance dès que le code sert à d'autres.

Définition détaillée du vibe coding

Le 2 février 2025, Andrej Karpathy, cofondateur d'OpenAI et ancien directeur de l'IA de Tesla, publie sur X un message qui donne son nom à la pratique : « Il y a un nouveau type de programmation que j'appelle “vibe coding”, où l'on s'abandonne complètement aux vibes, où l'on embrasse les exponentielles, et où l'on oublie que le code existe. » Le reste du message décrit la méthode avec précision : il dicte ses demandes à voix haute à l'assistant de son éditeur de code, il clique toujours sur « Accept All » sans lire les modifications, il colle les messages d'erreur sans commentaire, et quand le modèle ne parvient pas à corriger un bug, il le contourne ou demande des changements au hasard jusqu'à ce qu'il disparaisse. « Le code grandit au-delà de ma compréhension habituelle », écrit-il, avant de préciser que ce n'est « pas trop mal pour des projets jetables du week-end ».

La définition s'est fixée vite. Merriam-Webster, qui a ajouté le terme à sa rubrique d'argot et de mots émergents en mars 2025, le définit comme « écrire du code informatique de façon quelque peu négligente, avec l'aide de l'IA », et précise que « le programmeur n'a pas besoin de comprendre comment ou pourquoi le code fonctionne, et devra souvent accepter la présence d'un certain nombre de bugs ». Le dictionnaire Collins, qui en a fait son mot de l'année 2025, retient une définition plus neutre : « l'utilisation d'une intelligence artificielle pilotée en langage naturel pour aider à l'écriture de code informatique ». Entre les deux se joue toute l'ambiguïté du terme, tantôt étiquette d'une pratique désinvolte, tantôt synonyme de programmation assistée par l'IA.

Vibe coding et IA coding : la différence

L'assistance à la programmation par des modèles de langage existe depuis 2021 et l'arrivée des outils de complétion de code. Ce que Karpathy décrit n'est pas l'outil, c'est la posture : ne plus lire. Google Cloud, dans son guide sur le sujet mis à jour le 20 mars 2026, distingue deux pratiques. Le vibe coding « pur », où l'utilisateur fait entièrement confiance au résultat en supposant qu'il fonctionne, adapté à l'idéation rapide et aux projets éphémères. Et le « développement assisté par l'IA responsable », où l'utilisateur guide le modèle, puis examine, teste et comprend le code généré, et s'approprie le produit final. La première est le vibe coding au sens de Karpathy ; la seconde est l'IA coding tel que le pratiquent les développeurs professionnels.

La boucle de travail est la même dans les deux cas : décrire l'objectif en langage courant, laisser le modèle générer, exécuter et observer, renvoyer une consigne ou une erreur, recommencer jusqu'à ce que ça marche. Ce qui change, c'est ce qu'on fait du code entre deux tours : le lire ou non, le tester ou non, le comprendre ou non.

Ce que ça permet, avec l'exemple de Karpathy

Le 27 avril 2025, Karpathy raconte sur son blog la construction de MenuGen, une application qui photographie la carte d'un restaurant et génère une image de chaque plat. Il décrit son profil : quelqu'un qui bricole mais n'a « peu ou pas d'expérience réelle en développement web ». Il n'a écrit aucune ligne, « 100 % du code a été écrit par Cursor et Claude », et il dit ne pas vraiment savoir comment l'application fonctionne au sens conventionnel. Le premier prototype local a pris très peu de temps ; le passage à un vrai produit (déploiement, authentification, paiement) a été bien plus long et laborieux, non pas à cause du code, mais à cause de la configuration des services externes, de leurs consoles et de leurs clés, que le modèle ne pouvait pas faire à sa place.

Le récit résume le rapport coût-bénéfice de la pratique : le prototype est presque gratuit, la mise en production reste un travail, et la personne qui ne lit pas le code dépend entièrement du modèle pour tout ce qui suit.

Les usages pour un référenceur

Le SEO produit beaucoup de besoins de code court, à usage unique ou interne, sans utilisateur externe et sans donnée sensible. C'est le terrain naturel du vibe coding.

  • Scripts d'analyse : croiser un export de crawl et des données de la Search Console, dédoublonner une liste de mots-clés, calculer des similarités entre pages, regrouper des requêtes par intention.
  • Collecte de données : appeler une API (positions, backlinks, PageSpeed), dépouiller des logs serveur, extraire les titres et balises d'une liste d'URL.
  • Prototypes : une page de test pour un balisage de données structurées, une maquette de gabarit, un tableau de bord jetable pour une réunion.
  • Outillage : un serveur MCP maison qui expose une base de mots-clés à un assistant, une extension de navigateur qui affiche les balises d'une page.

Dans tous ces cas, la personne qui demande sait ce qu'elle veut obtenir et peut vérifier le résultat sur les données : si le script sort 3 412 URL en 404 et que le crawl en comptait 3 412, le code a probablement fait son travail. Cette vérification par le résultat, plutôt que par la lecture du code, est ce qui rend la pratique défendable sur un usage interne.

Les limites et les risques

  • Le code que personne ne comprend : Karpathy le dit lui-même, le code dépasse sa compréhension. Tant qu'il s'agit d'un script jeté après usage, c'est sans conséquence. Dès qu'il faut le modifier six mois plus tard, le transmettre à un collègue ou expliquer un chiffre qu'il a produit, l'absence de lecture se paie.
  • Les erreurs silencieuses : un script qui plante se voit ; un script qui tourne et produit un résultat faux (un filtre inversé, un fuseau horaire, une jointure qui perd des lignes) ne se voit pas. La vérification par le résultat suppose de connaître le résultat attendu, au moins en ordre de grandeur.
  • La sécurité : clés d'API en clair dans le code, formulaires sans validation, requêtes construites par concaténation, dépendances installées sans examen. Ces défauts classiques sont exactement ceux que la relecture aurait attrapés. Un outil vibe-codé qui touche à des données personnelles, à un site en production ou à des accès payants sort du domaine du jetable, et Google Cloud comme Karpathy s'accordent, l'un en exigeant une revue humaine avant déploiement, l'autre en réservant la pratique aux projets jetables : le code qui sert à d'autres doit être examiné et testé par quelqu'un qui le comprend.
  • Le SEO du code généré : un site ou un gabarit produit sans relecture peut embarquer des défauts que le modèle reproduit de mémoire : balises title dupliquées, contenu chargé en JavaScript sans rendu côté serveur, liens internes en boutons, données structurées incohérentes avec la page. Un audit avant mise en ligne reste nécessaire.
  • Le mot lui-même : Merriam-Webster le classe « plutôt jargon qu'argot » et prévient qu'il pourrait changer de sens. Dans l'usage, « vibe coding » sert autant à décrire une pratique qu'à la disqualifier ; dans un échange professionnel, dire ce qui a été relu et testé vaut mieux que le mot.

Les outils

Le vibe coding ne dépend pas d'un outil particulier : Karpathy citait Cursor avec les modèles Claude d'Anthropic ; Google Cloud recense ses propres offres (AI Studio pour générer une application à partir d'un seul prompt, Firebase Studio, Gemini CLI dans le terminal, Antigravity pour orchestrer des agents) ; les assistants en ligne de commande comme Claude Code ou Codex, et les fonctions de code de ChatGPT, Claude et Gemini font le même travail à des degrés d'autonomie divers. Ce qui compte plus que l'outil, c'est l'environnement d'exécution : un dossier de travail isolé, des clés d'API à droits limités, et une copie des données plutôt que les données de production.

Sources :

FAQ

Qui a inventé le terme « vibe coding » ?

Andrej Karpathy, cofondateur d'OpenAI et ancien responsable de l'IA chez Tesla, dans un message publié sur X le 2 février 2025. Il y décrivait sa propre pratique sur des projets de week-end : dicter ses demandes, accepter toutes les modifications sans lire, coller les erreurs sans commentaire. Le terme est entré chez Merriam-Webster dès mars 2025 et le dictionnaire Collins l'a désigné mot de l'année 2025.

Quelle différence entre vibe coding et IA coding ?

L'IA coding est l'assistance à la programmation par des modèles de langage, quelle que soit la façon de l'utiliser. Le vibe coding est une manière particulière de l'utiliser : sans lire ni comprendre le code produit, en jugeant seulement sur le résultat. Google Cloud oppose ainsi le vibe coding « pur » au développement assisté par l'IA où l'on examine, teste et s'approprie le code.

Un référenceur qui ne sait pas coder peut-il vibe-coder ?

Oui, c'est le cas d'usage le plus fréquent : des scripts d'analyse, des extractions de données, des prototypes de page. La condition est de pouvoir vérifier le résultat autrement qu'en lisant le code, par exemple en confrontant les chiffres produits à une source connue, et de garder ces outils hors de la production et des données sensibles.

Le vibe coding est-il dangereux ?

Pour un script jetable sur des données de test, non. Pour tout ce qui touche un site en production, des données personnelles ou des accès payants, les risques sont ceux du code non relu : clés exposées, validations absentes, erreurs silencieuses, dépendances douteuses. Le code qui sert à d'autres doit être lu et testé par quelqu'un qui le comprend.

Peut-on vibe-coder un site entier ?

Techniquement oui, et Karpathy l'a fait avec MenuGen, tout en soulignant que le passage du prototype au produit (déploiement, authentification, paiement) a été la partie longue et laborieuse. Pour un site destiné à être référencé, un audit SEO et une relecture de sécurité avant la mise en ligne restent indispensables : le modèle reproduit aussi les mauvaises pratiques qu'il a apprises.

En résumé

  • Vibe coding : programmer en décrivant à une IA ce qu'on veut, accepter le code sans le lire, corriger en collant les erreurs ; terme d'Andrej Karpathy, 2 février 2025.
  • Différence avec l'IA coding : même boucle (décrire, générer, exécuter, corriger), mais sans lecture ni compréhension du code ; Google Cloud distingue le vibe coding « pur » du développement assisté responsable.
  • Usages SEO : scripts d'analyse, collecte de données par API ou logs, prototypes, petits outils internes, avec vérification par le résultat.
  • Limites : code que personne ne comprend, erreurs silencieuses, failles de sécurité, défauts SEO reproduits ; hors de question pour la production ou les données sensibles sans relecture.
  • Outils : Cursor, Claude Code, Codex, Gemini CLI, AI Studio, Firebase Studio, Antigravity et les assistants grand public ; l'environnement isolé compte plus que l'outil.

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Lexique Abondance.com

Publié le Mis à jour le

Victor Lerat

Victor Lerat

Directeur & Consultant SEO chez Abondance

Consultant SEO, Victor Lerat dirige Abondance depuis sa reprise par le groupe KHUMBU en 2023. Co-fondateur de l'agence KHOSI à Nantes, il accompagne marques et e-commerçants sur leur visibilité dans les moteurs de recherche et les moteurs de réponse IA, avec une appétence particulière pour la donnée : logs serveur, crawl et analytics.

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