Google sort grand vainqueur de son conflit avec la presse française

   
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L'épisode montagneux du conflit entre Google et la presse française accouche d'une souris sous la forme d'un fonds d'innovation de 60 millions d'euros. Google a bien manoeuvré et est à la limite d'humilier les titres de presse français avec cet épilogue...

Google a annoncé in extremis la signature d'un accord dans le cadre de son conflit avec la presse française au sujet de l'outil Google Actualités. Selon cette annonce, "Google a décidé de créer un fonds d'innovation pour la presse de 60 millions d'euros, pour soutenir les initiatives (...) innovantes afin d'accompagner la presse française dans son développement numérique, au bénéfice des lecteurs français. Par ailleurs, Google va renforcer son partenariat avec les éditeurs français pour les aider à accroître leurs revenus en ligne en utilisant (ses) technologies publicitaires". Seule la presse d'information généraliste - papier et numérique - sera éligible à l'aide via ce fonds. Soit au minimum 140 titres tout de même...

Cet accord ressemble à un véritable échec pour les organismes de presse :

- La somme, tout d'abord, est dérisoire, puisqu'il semblerait qu'elle ne soit pas versée annuellement mais en une seule fois, sans que son renouvellement ai été évoqué. Rapportée au nombre de titre de presse français éligibles pour profiter de cette "manne", il y a fort à parier que chacun n'y recevra que des miettes. Et quand on compare cette somme aux comptes financiers révélés chaque trimestre par le géant américain, on comprend vite l'étendue de l'échec de cette négociation.

- D'autre part, aucune rémunération ne sera touchée par les sites de presse au titre de l'indexation de leurs contenus par Google, alors qu'il s'agissait là de la principale revendication du conflit.

- Le grand gagnant sera une fois de plus Google, puisque dans le panier de la mariée se trouvent également des accords publicitaires sur l'utilisation des liens sponsorisés de... Google !

- Enfin, le fait que Google donne de l'argent pour expliquer aux entreprises françaises comment se développer en termes de technologies numériques a un côté humiliant que beaucoup auront relevé... Sans commentaires...

Et puis, surout, cet accord ne change absolument pas la donne et la situation actuelle : la problématique de l'indexation des contenus de presse par Google News n'est pas résolue, et la presse française et toujours autant en difficulté...

Quand Nathalie Collin de l'association IPG, qui défend les intérêts des éditeurs de presse d'information politique et générale, parle d'une "première mondiale pour des éditeurs de presse" et que d'autres parlent d'un "accord historique", on rigole doucement. Googe, lui aussi, doit bien rire sous cape... Mais lui peut se le permettre, car il a certainement fort bien mené la manoeuvre... Et en ressort grand vainqueur !

Bref, un énorme coup d'épée dans l'eau et beaucoup d'énergie dépensée pour pas grand chose in fine. Comme on pouvait s'y attendre...

presse crieur
Source de l'image : DR

Commentaires : 18
  1. Erwan 3 février 2013 at 19 h 32 min Reply

    faudra m'expliquer en quoi Google Actu est néfaste à la presse française.

    Google devait gagner car on lui reprocher des choses aberrantes. Il va falloir arrêter de perfuser la presse, cela ne sert à rien.

  2. alastasar 3 février 2013 at 19 h 34 min Reply

    Hier, dans un article publié par Comment Ça Marche (http://www.commentcamarche.net/news/5861904-onemoretab-creer-son-propre-portail-d-actualites), je découvrais http://www.onemoretab.com une plateforme de news 100% française très sympa.

    Aujourd’hui, l’affaire Google se conclut par une aide de 60 millions à une presse qui ne parvient pas à trouver un modèle économique viable. « L’accord Google » montre encore l’incapacité du gouvernement à définir une politique industrielle du numérique capable de soutenir l’innovation de nos startups. Pendant que nous fustigeons Google, la loi de finance 2013 fait baisser tous les investissements des Business Angels. Encore un beau subterfuge... Cette nouvelle entente ne fait que renforcer le pouvoir des géants. Pour que la France retrouve sa souveraineté dans le numérique, pour peser face à Google News commençons par soutenir les « Google News français ».

    • cirotix 7 février 2013 at 18 h 30 min Reply

      @alastasar Ou plutôt vous êtes lié (ou c'est votre boite) au site dont vous parlez et vous cherchez à y faire venir du traffic. Vous avez publié le même message sur de nombreux autres sites, à des dates différentes. Ou alors vous avez une notion étrange du hier.

      C'est savoureux de voir ça sur un site lié au référencement !

  3. Christian 3 février 2013 at 21 h 56 min Reply

    Pour le coup, je trouve GG super-généreux ! Ce n'est pas si courant...
    Le dossier de la presse était indéfendable vis-à-vis de GG, la presse inversait les rôles, ce qui n'avaient aucune chance.

  4. Sini 4 février 2013 at 10 h 02 min Reply

    Jolie cabriole de la part de Google (mais était-ce nécessaire ?). Je pense que la presse française c'est tiré une balle dans le pied avec toute cette histoire.

  5. Mathieu java 4 février 2013 at 10 h 05 min Reply

    Olivier,

    On peut aussi ce dire que ce sponsoring des 60 millions a été obtenu en échange des arrêtes des enquêtes du fisc français sur les méthodes de défiscalisation de Google!

  6. Stéphane 4 février 2013 at 11 h 09 min Reply

    "Et quand on compare cette somme aux comptes financiers révélés chaque trimestre par le géant américain, on comprend vite l'étendue de l'échec de cette négociation"

    Je crois qu'il n'y a qu'en France que l'on crache sur 60 millions et que l'on peinturlure les boîtes qui marchent comme des grands monstres très très méchants avec des grandes dents...

    Ils ont réussi ==> Ils doivent nous donner leur argent
    Aberrant.. Vite! Des cours sur le fonctionnement des entreprises dans les collèges et les lycées!

  7. Estelle 4 février 2013 at 12 h 42 min Reply

    Et voilà encore une fois Google montre sa puissance. En même temps je ne vois pas comment la presse française aurait pu gagner au vu de la plainte qu'ils ont faite. Non seulement ils ont "perdu" mais en plus Google leur rit clairement au nez :/

  8. Annuaire Français 4 février 2013 at 13 h 35 min Reply

    Une fois n'est pas coutume, Olivier, le ton de cet article très partisan est assez troublant ...

    Certes , on sent bien dans cette histoire que l'action de la Presse n'est pas totalement claire.
    Mais on peut aussi s'interroger sur cette action qui rassemble la presse éditoriale dans tous les pays sur un même diapason de contestation ... comme l'on dit, il n'y a pas de fumée sans feu ...

    Je comprends peu a peu le point de vue de la Presse, et je crois qu'il se défend :
    La presse écrite bâtie sa "popularité" sur la qualité des articles QU'ELLE ACHETE (parfois très cher) A DES JOURNALISTES.

    il est alors compréhensible qu'aucun intermédiaire ne puisse profiter de ces articles en amont, ne serait-ce par un extrait ou titre ou résumé, sans apporter ou payer la part qui devrait revenir a l'éditeur.

    Car par cet angle d'approche, Google devient en fait UNE VASTE FERME DE LIENS ... a qui elle fait la chasse pourtant... sous un autre angle opposé, Google apporte les visiteurs en ayant déjà "pompé" une partie de la pub (on ne sait pas combien).
    Au final, si Google paye, c'est que globalement, ils ne sont pas perdant ou si peu, ou gagnant ... et cet accord est une forme de contrat d'exclusivité avec la régie Google ... le secret est peut-être là, dans les conditions "contractuelles" ...

    La grande question, c'est pourquoi cela ne s'étend pas a d'autres activité, tel que le Cinéma (extraits vidéos) ou d'autres, c'est probablement que la Presse est plus "puissante et unie".

    Je pense que Google est plutôt "un peu perdant" dans cette affaire, car la Presse gagne 60 millions d'Euros, ce n'est pas une paille, et qui peut être absorbé en 1 an (...) , la Presse n'est pas "mariée" avec Google sur le plan éditorial. Reste à voir si il y a un abandon des poursuites fiscales derrière cet accord, ce qui pourrait engendrer quelques catastrophes politiques...

    A titre personnel, je pense au final que l'on peut se "réjouir" d'un accord amiable, car entre deux parties qui se disputent, n'est-ce pas l'essentiel?

  9. Oliv 4 février 2013 at 14 h 24 min Reply

    Qui avait le plus à perdre dans cette affaire ? GG qui s'appuie sur des dizaines de vecteurs et de services pour monétiser son audience au niveau mondial et dont la presse française n'est qu'un tout petit morceau ou cette même presse incapable de trouver un modèle économique compatible avec son époque et qui devient majoritairement tributaire du trafic que lui amène GG ??
    Le premier problème de la presse française, c'est son clientélisme et sa quasi absence d'indépendance (hormis 2 ou 3). A force de prendre les gens pour des cons ils finissent par aller chercher l'info ailleurs, et ça tombe bien, le web en regorge et GG apporte une réponse systématique à cette demande.
    Tant que la presse défendra les intérêts des groupes auxquels elle appartient et des partis politiques auxquels elle est "affiliée" elle ne trouvera pas de solutions.
    Si au lieu de nous gaver d'articles partisans, de sources arrangeantes et non vérifiées, d'approximations, de points de vue ressemblant de plus en plus à de l'incantation voire de mensonges purs et durs elle faisait son boulot d'information et de critique 'au sens large) du système (et de ses "amis") elle n'en serait surement pas réduite à se réjouir de l’aumône versée par GG et à pleurnicher pour obtenir une rente de situation qu'elle ne mérite pas !!

  10. olivier@abondance.com 4 février 2013 at 14 h 59 min Reply

    Bonjour. 2 points pour répondre aux commentaires ci-dessus :

    - Il est clair que la menace d'une loi + les aspects fiscaux (justement à mon avis) reprochés à Google par le gouvernement ont pesé dans la balance. Difficile de ne pas faire "un geste", si minime soit-il, pour Google dans cette histoire.

    - Il faut quand même bien voir que si Google coupe les robinets de trafic aux sites de presse, ce sont certainement plus de la moitié d'entre eux qui mettent la clé sous la porte en quelques mois, tant ils sont dépendants de ce trafic (et ils ont tout fait pour l'être, d'ailleurs !). Demander, en plus, un paiement, c'est vouloir le beurre, l'argent du beurre et la crémière... mais j'ai déjà eu l'occasion de parler de tout ça sur ce site... :-)

    Cdt

  11. Annuaire Français 4 février 2013 at 16 h 51 min Reply

    @Olivier, Je ne sait pas si la presse a contribué au succès de Google et sa position "monopoliste", je ne crois pas, car je crois que ce sont les internautes qui font le succès d'un site, et pas Google, aussi puissant soit-il.

    Tu as raison dans le sens ou la presse désire le beurre jusqu'à la crémière, et que Google n'est pas responsable de la situation de la Presse.

    Dans tous les pays, la Presse écrite va disparaitre, et cette mort annoncée fait mal, a Mme machin qui demain va recevoir sa lettre de licenciement et ne saura pas comment élever ses 3 gosses, Mr truc idem, et ainsi les dizaines de milliers d'emplois qui vont avec, directs et indirects ...

  12. Annuaire Français 4 février 2013 at 17 h 00 min Reply

    Humour : " c'est comme deux ivrognes dans un bar, l'un ivre de succès (Google) et l'autre "ivre de chagrin et agonisant" (la Presse), après s'est mangé le nez un moment, les 2 protagonistes se tiennent bras dessus, bras dessous et se réconcilient devant un dernier verre... et Google , royal ; "cette dernière tournée est pour moi!" ...

  13. Papy Spinning 5 février 2013 at 9 h 18 min Reply

    Ce n'est pas tous les jours et donc "Champagne" car je suis pleinement d'accord avec cet article. Pour ceux qui ne saisissent pas le problème : les éditeurs de contenus les créent et supportent le coût de production alors que Google les agrège et fait de la publicité dessus sans aucune redistribution. Dans plusieurs procès, Google est mis en cause non en tant qu’agrégateur mais en tant qu'éditeur lui-même. Plus loin encore la lecture du rapport Colin et Colin sur la fiscalité numérique est conseillée. Car le problème fondamental c'est que la valeur ajoutée est produite par les utilisateurs eux-mêmes tandis que les "firmes" ne font que les exploiter sans contrepartie. La donnée étant le pétrole du web, il est proposé de mettre en place une TVA directement sur les données utilisées, quelque soit la nature, la technologie ou la finalité. On trouve notamment cette idée chez l'économiste Moulier Boutang qui analyse fort justement cette transformation du capitalisme dans "Le capitalisme cognitif" ou "L'abeille et l'économiste". Le constat est cruel au plus haut niveau de l'Etat, qui a 20 de retard dans la compréhension de cette data économie. Dans ce contexte l'accord avec Google est une pantalonnade qui ridiculise autant la France que sa presse nationale, déjà sous perfusion à raison d'1 milliard de financements publics par an. Mais comme cette presse est détenue à 90% par des magnats du CAC 40 qui utilisent les journaux à des fins lobbyistes, la boucle est bouclée.

  14. AGATE IMMOBILIER 5 février 2013 at 17 h 12 min Reply

    Les sommes paraissent bien dérisoires par rapport aux enjeux économiques pour Google comme pour la presse... Aujourd'hui la question est comment réguler une économie mondiale ou les frontières physiques n'ont plus d'importance.

  15. Denis 6 février 2013 at 7 h 21 min Reply

    @Erwan

    Google News est de fait le seul agrégateur autorisé depuis que les autres ont été victimes des algorithmes de Google Panda. Google organise le monopole en étant chaque jour un peu plus juge et partie. Là est le danger !

  16. Evenstrood 6 février 2013 at 16 h 22 min Reply

    Un accord qui aurait mérité un débat bien plus haut dans la place des médias aujourd'hui sur internet.

    Les propos de Filippeti étaient une preuve de son incompétence à tous les niveaux concernant le web. Trouver de l'argent pour trouver de l'argent, c'est juste un aveux de faiblesse pour un secteur mourant - la presse papier -.

    La menace de projet de loi était une vaste blague doubler d'une mauvaise fois exemplaire. Que les éditeur de presse nationaux ce rassure, encore une fois on leur donnera de l'argent et rien aux centaines d'autres qui tentent de faire du bon boulot sur toutes les thématiques confondues.

    Lorsque l'on sait que les aides étatiques pour la presse atteignent 1 milliard d'euro par an (article génial de Virginie ici : http://www.cafe-referencement.com/actu-seo/pour-sauver-la-presse-faire-payer-google-un-avis-de-referenceur-515#axzz2K834MEHa)

    On rigole doucement de cette somme qui correspond à 0.6% comparé aux aides déjà donné !

  17. Raymond 8 février 2013 at 16 h 20 min Reply

    Il est dit dans l'article "Nathalie Collin de l'association IPG [...] parle d'une "première mondiale pour des éditeurs de presse" ", mais cette personne se trompe. En Belgique Google a scellé le même genre d'accord avec la presse qui l'avait attaquée. Là, pas de fonds d'innovation !

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