Google détient-il réellement les deux-tiers du marché de la recherche d'informations aux Etats-Unis, contre un tiers à Bing, comme on l'entend si souvent depuis des années ? Une nouvelle étude de la société Jumpshot semble révéler le contraire et pourrait remettre en question une situation jusque là en équilibre par rapport à la loi antitrust outre-Atlantique...

Jusqu'à maintenant, lorsqu'on parlait de parts de trafic des moteurs de recherche outre-Atlantique, on avait tendance à dire que Google thésaurisait 2/3 du trafic "search" contre 1/3 pour le couple Bing+Yahoo!. Ces statistiques provenaient en partie de Comscore (qui a arrêté depuis un certain temps de publier des études à ce niveau) et Statcounter, qui fournissait des chiffres assez unanimement considérés comme fiables.

Mais voici que Rand Fishkin, qu'on ne présente plus, présente de nouveaux chiffres venant de la société Jumpshot, qui pourraient remettre en question toutes ces données. En effet, selon cette nouvelle étude, la répartition du trafic "search" aux Etats-Unis serait la suivante :

  • Google : 69,03%
  • Google Images : 21,03%
  • YouTube : 2,90%
  • Yahoo! : 1,57%
  • Bing : 1,48%
  • DuckDuckGo : 0,36%
  • Etc.
Parts de trafic du "search" aux Etats-Unis en septembre 2018, selon Jumpshot. Source : Sparktoro

 

Soit plus de 92% pour Google et à peine 3% pour le couple Bing+Yahoo!. Des données d'ailleurs finalement plus ou moins confirmées par StatCounter. Et qui vont plus loin en indiquant également que les parts de trafic d'Amazon, souvent présenté comme un rival fort de Google, ont assez fortement baissé sur les deux dernières années (de 2,2% à 1,5%), même si les recherches portant plus spécifiquement sur les produits sont en (légère) progression.

D'une façon générale, cette étude pourrait fortement contrarier Microsoft en réduisant Bing au rang de "nain" du search au niveau américain (donc mondial, puisque sa présence en Europe est quasi-anecdotique), et pourrait surtout faire ressurgir les affres de la loi antitrust en montrant une hégémonie gênante juridiquement pour Google.

Reste à évaluer maintenant la valeur que l'on peut donner aux chiffres de Jumpshot (on a notamment vu sortir dernièrement une polémique en France à ce niveau, au sujet de chiffres absolument hallucinants et archi-faux sur les "parts de marché" des différents moteurs dans l'Hexagone). S'ils s'avèrent exacts, cela pourrait provoquer un tremblement de terre outre-Atlantique. L'avenir le dira certainement...