Relinking
Le relinking consiste à obtenir des liens vers une page externe qui contient déjà un backlink vers lui, typiquement un article sponsorisé. Les consultants SEO parlent aussi de netlinking de niveau 2 ou de « link boosting ». L'idée découle directement du PageRank : une page qui reçoit plus de popularité en transmet davantage aux pages qu'elle cite.
Définition détaillée du relinking
Une campagne de netlinking classique produit des liens de premier niveau (on parle de « tier 1 » ou T1) : un article publié sur un site tiers contient un lien vers une page du site à positionner. Le relinking ajoute une couche au-dessus. On crée des liens de second niveau (T2) qui pointent vers l'article T1 lui-même. Certains praticiens poussent le schéma jusqu'à un troisième niveau (T3), qui pointe vers les pages T2 : on parle alors de pyramide de liens.
Le terme est surtout employé dans le SEO francophone. En anglais, la pratique est désignée par « tiered link building » ou « link boosting ». Le mot « relinking » désigne parfois, plus rarement, la récupération de liens perdus ou la reprise de mentions sans lien : ce n'est pas le sens retenu ici.
Le relinking se distingue de deux notions voisines :
- Le PBN (réseau de sites privés) : l'éditeur possède les sites qui émettent les liens. Un PBN peut servir de source de liens T2, mais le relinking ne suppose pas de posséder les sites.
- Le maillage interne : les liens restent à l'intérieur d'un même site. Le relinking travaille uniquement sur des pages externes.
Le principe : la transmission de popularité du PageRank
Le relinking repose sur le fonctionnement décrit dans le brevet du PageRank, déposé par Lawrence Page en janvier 1998 et accordé le 4 septembre 2001. Le brevet l'énonce ainsi : le rang attribué à un document est calculé à partir des rangs des documents qui le citent. La popularité circule donc de page en page, et ce que transmet un lien dépend de la popularité de la page qui l'émet.
Le raisonnement des référenceurs en découle. Un article sponsorisé fraîchement publié sur un site média part souvent avec peu de popularité propre : il est récent, reçoit peu de liens internes, et descend rapidement dans les pages de catégorie à mesure que d'autres articles sont publiés. Le lien qu'il contient transmet alors peu de link juice. Si cet article reçoit à son tour des liens, sa popularité augmente, et une partie de ce surplus est transmise au site cible par le lien T1. C'est la même mécanique que celle qui fait qu'un lien depuis une page très citée vaut davantage qu'un lien depuis une page que personne ne cite.
Deux nuances tempèrent ce schéma. D'abord, dans le modèle du PageRank, une page répartit ce qu'elle transmet entre ses différents liens sortants : l'article T1 ne transmet au site cible qu'une fraction de ce qu'il reçoit. Ensuite, Google ne se limite plus à la version de 1998. Le brevet dit du « surfeur raisonnable » (US7716225, accordé le 11 mai 2010) décrit un classement qui pondère chaque lien selon ses caractéristiques (emplacement, contexte, comportement des utilisateurs) : tous les liens d'une page ne transmettent pas la même valeur. Un brevet décrit ce que Google a protégé, pas nécessairement ce qu'il utilise aujourd'hui, mais le principe de transmission de popularité par les liens reste le socle du raisonnement.
Pourquoi les consultants SEO y ont recours
Les praticiens qui utilisent le relinking avancent plusieurs arguments :
- Rentabiliser un lien déjà acquis. Un article sponsorisé sur un site de qualité a un coût. Renforcer cet article est présenté comme un moyen d'en tirer davantage, plutôt que d'acheter un nouveau lien.
- Faire découvrir et crawler la page T1. Selon le guide de démarrage SEO de Google, le moteur découvre principalement les pages en suivant les liens des pages qu'il a déjà explorées. Un article qui glisse en pagination profonde et ne reçoit plus de liens peut être moins souvent exploré ; des liens externes vers lui aident les robots à le trouver et à y revenir, ce qui conditionne la prise en compte du lien qu'il contient.
- Donner du poids à des liens difficiles à obtenir autrement. Une page de presse ou un article de fond qui cite le site gagne à être lui-même cité, par exemple depuis des contenus du même thème.
- Éloigner les liens de faible qualité du site cible. Certains référenceurs réservent des sources moins qualitatives au niveau 2, en considérant que le site principal n'est ainsi pas directement exposé. Cette logique est discutée : Google indique repérer aussi les sites qui servent à transmettre des liens (voir la section sur les réserves).
- Traiter les requêtes très concurrentielles. Sur ces requêtes, les pages en tête cumulent souvent des profils de liens importants, et le relinking est présenté comme un moyen d'augmenter la popularité transmise sans multiplier les domaines référents achetés.
Ces bénéfices relèvent de l'expérience des praticiens. Aucune documentation officielle ne les mesure, et l'effet propre d'un lien de second niveau est difficile à isoler parmi les autres facteurs de positionnement.
Comment se pratique le relinking
Choisir les pages T1 à renforcer
Les référenceurs sélectionnent en priorité les pages qui portent un lien de bonne qualité : lien placé dans le corps du texte, entouré d'un contenu en rapport avec le site cible, sur une page indexée et sur un site qui a lui-même du trafic organique. Plus la page T1 est déjà solide et thématique, plus le renfort a de chances de se répercuter sur le site cible.
Trouver les sources de liens T2
Les liens de second niveau proviennent d'articles publiés sur d'autres sites (sponsorisés, invités ou éditoriaux), de sites appartenant à l'éditeur, de mentions dans des contenus du même thème ou de partages sur les réseaux sociaux. La cohérence thématique entre la page T2, la page T1 et le site cible est le critère le plus souvent cité.
Varier les ancres et le rythme
Comme pour tout netlinking, les praticiens recommandent de varier les ancres (titre de l'article, nom du média, URL, formulation descriptive) plutôt que de répéter un mot-clé, et d'étaler l'acquisition dans le temps. Un afflux soudain de liens vers une page qui n'en recevait pas est un schéma que les outils d'analyse de liens repèrent facilement, et les moteurs aussi.
Mesurer
Le suivi porte sur l'indexation et le crawl de la page T1, sur les liens qu'elle reçoit (via un outil d'analyse de backlinks) et sur l'évolution des positions de la page cible. Faute de pouvoir isoler l'effet du relinking, beaucoup de référenceurs comparent des pages renforcées avec des pages qui ne l'ont pas été.
Réacteur, la newsletter d'Abondance, a consacré en juin 2024 un dossier à la stratégie de relinking.
Les réserves de Google
Google ne mentionne pas le relinking en tant que tel, mais ses règles sur le spam de liens s'appliquent aux liens de tous niveaux. Les règles anti-spam de la recherche Google définissent le spam de liens comme la création de liens vers ou depuis un site principalement dans le but de manipuler le classement. Parmi les exemples cités figurent l'achat ou la vente de liens qui transmettent du crédit de classement, l'utilisation de programmes automatisés pour créer des liens, et la création de contenus de faible valeur principalement destinés à manipuler les signaux de liens et de classement. Des articles T2 rédigés dans le seul but de pointer vers une page T1 entrent dans cette dernière catégorie.
Google dispose par ailleurs d'outils de détection. Lors de la mise à jour contre le spam de liens de décembre 2022, Google a indiqué que SpamBrain, son système de lutte contre le spam fondé sur l'IA, détecte les sites qui achètent des liens et ceux qui servent à transmettre des liens sortants, et que le crédit transmis par ces liens non naturels est alors perdu. Dans les cas les plus nets, une action manuelle reste possible.
Le relinking reste un choix de stratégie qui appartient à chaque éditeur. Le risque dépend de la qualité des sources, de leur volume et de la façon dont les liens sont obtenus : un article de fond qui cite naturellement un contenu de presse présente un risque bien plus faible qu'une série d'articles générés pour gonfler une page.
Les erreurs fréquentes
- Disperser les efforts : répartir quelques liens T2 sur un grand nombre de pages T1 dilue l'effet. Les praticiens concentrent le relinking sur les pages T1 les plus utiles.
- Relinker une page de faible qualité : le renfort ne corrige pas un contenu pauvre ou un site hôte sans audience. L'état de la page dans l'index se vérifie avant.
- Automatiser la production des T2 : contenus générés en masse, annuaires, commentaires. C'est la forme la plus exposée aux règles anti-spam.
- Suroptimiser les ancres : répéter le mot-clé visé à tous les niveaux dessine un schéma artificiel.
- Oublier le site cible : le relinking amplifie un lien existant, il ne compense pas une page cible faible ou mal positionnée sur l'intention de recherche.
Sources :
- US6285999B1 - Method for node ranking in a linked database (Google Patents (Lawrence Page, Université Stanford)), le 4 septembre 2001
- US7716225B1 - Ranking documents based on user behavior and/or feature data (Google Patents (Google LLC)), le 11 mai 2010
- Spam Policies for Google Web Search (Google Search Central)
- December 2022 link spam update releasing for Google Search (Google Search Central Blog), le 14 décembre 2022
- SEO Starter Guide: The Basics (Google Search Central)
FAQ
Quelle est la différence entre le netlinking et le relinking ?
Le netlinking désigne l'ensemble des actions pour obtenir des liens vers son site. Le relinking en est une technique particulière : les liens créés pointent vers une page externe qui contient déjà un lien vers le site. On parle de liens de premier niveau (T1) pour les premiers et de second niveau (T2) pour les seconds.
Le relinking fonctionne-t-il vraiment ?
Le raisonnement s'appuie sur le PageRank : une page qui reçoit plus de liens transmet davantage de popularité aux pages qu'elle cite. De nombreux praticiens rapportent des effets, mais aucune source officielle ne les mesure et l'effet d'un lien de second niveau est difficile à isoler.
Le relinking est-il autorisé par Google ?
Google ne cite pas le relinking, mais ses règles anti-spam visent tout lien créé principalement pour manipuler le classement, y compris les contenus de faible valeur produits pour transmettre des liens. Des liens T2 obtenus naturellement ou qualifiés ne posent pas de problème ; une production artificielle en série s'expose à être neutralisée par SpamBrain ou sanctionnée.
Quelles pages choisir pour faire du relinking ?
Les praticiens privilégient les pages qui portent un lien placé dans le corps du texte, sur un sujet proche du site cible, publiées sur un site qui a lui-même du trafic organique et indexées par Google. Les articles sponsorisés récents, qui descendent vite dans les pages de catégorie, sont les candidats les plus fréquents.
Combien de liens T2 faut-il vers une page T1 ?
Il n'existe pas de nombre de référence. Les praticiens raisonnent au cas par cas selon la popularité du site hôte et la concurrence de la requête, et préfèrent quelques liens thématiques et étalés dans le temps à un volume important obtenu d'un coup.
En résumé
- Relinking : créer des liens vers une page externe qui porte déjà un lien vers son site, souvent un article sponsorisé.
- Principe : celui du PageRank, où une page plus citée transmet davantage de popularité aux pages qu'elle lie.
- Usages : rentabiliser un lien acquis, faire crawler une page enfouie, renforcer un lien de presse.
- Pratique : pages T1 solides et thématiques, sources T2 cohérentes, ancres variées, acquisition étalée dans le temps.
- Réserves : les règles anti-spam de Google visent les liens et contenus créés pour manipuler le classement, à tous les niveaux.
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