Dans notre travail de R&D chez Kalys, on voit de plus en plus d’e-commerçants s’en servir pour se démarquer dans les résultats. Et l’ajout des étoiles ne se limite pas aux fiches produit, comme on pourrait le croire :
Sur une fiche produit, c’est balisé et documenté par Google depuis des années : c’est ce qu’il appelle l’extrait d’avis, basé sur les données structurées Product et AggregateRating. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est comment, et surtout si, on peut obtenir ce même affichage sur une page de collection : une catégorie qui regroupe plusieurs dizaines ou centaines de produits, sans note propre à afficher.
C’est tout l’objet de cet article. On va voir :
- comment fonctionne un extrait enrichi, et comment l’ajouter concrètement à vos pages e-commerce
- et surtout, le cas des collections de produits ; ce que Google interdit officiellement, et ce qu’on observe quand même en SERP
Un extrait enrichi, ça vient d’où ?
Ces étoiles ne sont pas décidées à la main par Google. Elles viennent de données structurées ; du code JSON-LD injecté dans la page, invisible pour le visiteur, mais lisible par les moteurs de recherche.
Exemple, pour l’image au-dessus, il faudrait ajouter ceci :
<script type="application/ld+json">
{
"@context": "https://schema.org/",
"@type": "Product",
"name": "Ice Cream Matcha",
"aggregateRating": {
"@type": "AggregateRating",
"ratingValue": "4.9",
"reviewCount": "114"
},
"offers": {
"@type": "Offer",
"priceCurrency": "GBP",
"price": "22.00",
"availability": "https://schema.org/InStock"
}
}
</script>
Une fois ce balisage détecté, validé et jugé pertinent, Google peut décider de l’afficher sous forme de rich snippet en résultats de recherche. J’insiste sur le “peut” : le balisage est une condition nécessaire, jamais une garantie d’affichage.
Où on l’ajoute ?
Vous n’avez pas besoin d’un plugin, module ou application pour ajouter des données structurées à votre boutique, surtout si vous utilisez le format JSON-LD. Il suffit de coller du code dans la page directement, ou dans les fichiers du thème.
Voici comment procéder :
Ajouter à la description de page
Il est possible d’ajouter le script JSON-LD directement dans la description d’une page. Depuis l’éditeur, collez-le dans vos pages de type Collection (ou autres), en passant en mode HTML/Code :
Puis collez le script JSON-LD au début ou à la fin du contenu (peu importe l’ordre).
Cette solution est spécifique à une seule page. Pour l’appliquer à plusieurs, préférez la solution suivante.
Ajouter au thème
Pour que cela s’applique sur un même type de page, vous devrez l’ajouter à votre thème — bien qu’il soit probable qu’une version de base de code JSON-LD soit déjà présente par défaut.
Exemples pour Shopify :
- Les données structurées de type Product peuvent être ajoutées au fichier product-template.liquid, repris sur tous les templates produit de base.
- Le type Breadcrumb peut être ajouté ou personnalisé directement dans breadcrumbs.liquid, sous theme > snippets.
- Le type Organization peut être inclus dans le modèle theme.liquid.
Comment les mettre en place sur une fiche produit ?
Sur Shopify et Prestashop, dans l’immense majorité des cas, c’est déja intégré nativement par les développeurs de thème.
Et pour les données structurées liées aux produits, vous n’avez pas à écrire ce balisage à la main : une application d’avis (Loox, Judge.me, Yotpo, Stamped, Skeepers…) s’en charge, en stockant la note et le nombre d’avis dans un metafield produit. Votre travail consiste surtout à vérifier que ce metafield est bien repris dans le JSON-LD de la fiche produit, ce qui n’est pas toujours le cas par défaut.
Pour vérifier que vos données structurées “Produits” sont valides, plusieurs possibilités rapides et gratuites :
- Testez votre URL dans le validateur Schema.org.
- Passez-la dans le Rich Results Test de Google (afin de doubler la verification, on a parfois des surprises)
- Ou consultez directement l’onglet Extraits d’avis de la Search Console, pour repérer d’éventuelles erreurs sur vos pages produit.
Jusque-là, rien de très différent de ce que vous avez peut-être déjà lu ailleurs. La vraie question, celle qui m’a été posée, et qui revient régulièrement en clientèle, c’est celle des collections.
Le cas des collections de produits : ce que dit Google (et ce qu’on observe en pratique)
La documentation Google est sans ambiguïté :
« Veillez à ne fournir un avis que sur un élément spécifique, et non sur une catégorie ou une liste d’éléments. »
Une page de collection n’est pas un produit. Elle n’a pas de note propre; elle contient des dizaines de produits qui, eux, en ont potentiellement une. En toute rigueur, une collection n’est donc pas éligible aux étoiles en SERP.
Et pourtant, dans les faits, la plupart des e-commerçants utilisent cette technique depuis très longtemps, peut-être même depuis le début des extraits enrichis pour les sites marchands en novembre 2010.
Regardez : les plus gros acteurs du web utilisent eux aussi cette méthode.
Et ce n’est pas un cas isolé : Décathlon, Lidl, Norauto, Manomano, Speedway.fr... tous secteurs confondus, sur des pages qui sont bien des collections, pas des fiches produit.
On voit qu’ils basent leur notation sur les avis global de la boutique.
Et un dernier pour la route,
Il s’agit bien de pages de collection (“New era”, “Vélo électrique, vélo pliant, trottinette électrique pas cher”), pas de fiches produit. Et pourtant, elles affichent une fourchette de prix, une note moyenne et un nombre d’avis. Vous en croiserez régulièrement dans les SERP e-commerce, tous secteurs confondus.
Comment c’est fait, techniquement
La technique consiste à baliser la page de collection non pas comme une liste (CollectionPage, ItemList), mais comme si elle était elle-même un Product, une sorte de produit fictif qui représente l’ensemble de la catégorie. Et à afficher :
- le nombre d’avis et la note, via AggregateRating (ratingValue / ratingCount / bestRating / worstRating)
- le prix le plus bas et le plus haut de la collection, via AggregateOffer (lowPrice / highPrice)
Par exemple, voici ce qu’a écrit Décathlon sur sa collection “New era casquette” :
Tout simplement.
Google, de son côté, ne fait pas de distinction sémantique entre “un vrai produit unique” et “une collection déguisée en produit” : il lit un Product valide avec une note et une fourchette de prix, et l’affiche comme n’importe quel autre résultat enrichi. Ça marche, jusqu’à ce que ça ne marche plus.
Que risque-t-on en cas de triche ?
Google est explicite sur la conséquence :
« Si votre site ne respecte pas une ou plusieurs de ces consignes, Google peut appliquer une action manuelle à son encontre. »
Une action manuelle sur les données structurées ne fait pas disparaître votre page des résultats de recherche, elle fait disparaître les extraits enrichis. Concrètement : plus d’étoiles, plus de prix, plus de rien de ce qui distingue visuellement votre résultat des dix autres liens bleus autour de lui. Et cette pénalité s’applique généralement à l’échelle du site, pas seulement à la page fautive : c’est le vrai risque à mettre en balance avant de généraliser la technique des collections.
Une fois le problème identifié et corrigé, il est possible d’envoyer une demande de réexamen, mais aucun délai n’est garanti, et le site reste sans rich snippets pendant toute la durée du traitement.
Voici une façon de plus, pour les SEO, de manipuler les résultats de Google.
Attention : “ça marche” n’est pas “c’est sûr”. Le fait que ce soit répandu et toléré aujourd’hui ne l’engage pas à le rester ad vitam æternam. Mais maintenant, vous êtes informé, et vous savez faire. À vous de choisir 😉