Google annonce explorer de nouvelles options pour permettre aux sites web de refuser l'utilisation de leurs contenus dans les fonctionnalités d'intelligence artificielle de son moteur de recherche, notamment les AI Overviews et AI Mode. Cette annonce fait suite aux exigences imposées par l'autorité britannique de la concurrence, qui souhaite donner davantage de contrôle aux éditeurs sur l'exploitation de leurs contenus par le géant américain.

Ce qu'il faut retenir :

  • Google développe de nouveaux contrôles permettant aux sites d'exclure spécifiquement leurs contenus des AI Overviews et AI Mode, sans impacter leur présence dans les résultats de recherche classiques​.
  • Ces mesures répondent aux exigences de la Competition and Markets Authority (CMA) britannique, qui a désigné Google comme détenant un « statut de marché stratégique » en octobre 2025​.
  • Les éditeurs pourront également bloquer l'utilisation de leurs contenus pour l'entraînement des modèles d'IA en dehors de Google Search​
  • Google devra garantir une attribution appropriée des sources dans ses réponses générées par IA et démontrer un classement équitable des résultats​.

Les nouvelles exigences de la CMA

La Competition and Markets Authority (CMA) britannique a publié le 27 janvier 2026 un ensemble de mesures contraignantes pour Google Search. L'autorité a désigné Google avec un « statut de marché stratégique » (Strategic Market Status) en octobre 2025, ce qui lui permet d'imposer des règles ciblées sur le fonctionnement du moteur de recherche. Ces mesures visent à corriger un déséquilibre identifié par le régulateur : actuellement, les « éditeurs n'ont pas suffisamment de choix » concernant l'utilisation de leurs contenus dans les réponses générées par l'IA de Google.

Selon la CMA, les éditeurs « n'ont pas d'autre option réaliste que d'autoriser l'exploration de leur contenu » en raison de la position dominante de Google sur le marché de la recherche. Cette situation limite leur capacité à monétiser leurs contenus, tandis que Google accède à ces informations pour générer des réponses IA d'une manière que ses concurrents ne peuvent égaler.​

Quatre domaines d'intervention prioritaires

Les propositions de la CMA s'articulent autour de quatre axes principaux.

  • Le premier concerne les contrôles pour les éditeurs : les sites pourront refuser que leurs contenus alimentent les AI Overviews ou servent à entraîner les modèles d'IA en dehors de Google Search, avec l'obligation pour Google de garantir une attribution appropriée dans les résultats générés par IA.
  • Le deuxième axe porte sur l'équité du classement : Google devra démontrer à la CMA et aux utilisateurs que son approche de classement des résultats de recherche est équitable et transparente, y compris dans les AI Overviews et AI Mode, avec un processus efficace pour signaler et enquêter sur d'éventuels problèmes.​
  • Les deux autres mesures concernent les écrans de choix, qui faciliteront le changement de moteur de recherche sur Android et Chrome, ainsi que la portabilité des données de recherche Google.​

La réponse de Google

Google a publié une réponse officielle le 27 janvier 2026, confirmant explorer des mises à jour de ses contrôles pour permettre aux sites d'exclure spécifiquement leurs contenus des fonctionnalités de recherche générative. Le géant de Mountain View s'appuiera sur les mécanismes existants utilisés pour les featured snippets et Google Extended, bien que ce dernier n'impacte actuellement pas les fonctionnalités d'IA de recherche.

Google a précisé que son objectif est de « protéger l'utilité de la recherche pour les personnes qui veulent des informations rapidement, tout en donnant aux sites web les bons outils pour gérer leur contenu ». L'entreprise insiste sur la nécessité que ces nouveaux contrôles évitent de fragmenter l'expérience de recherche et restent simples et évolutifs pour les propriétaires de sites.​

Les limites des contrôles actuels

Actuellement, Google propose Google-Extended, un mécanisme dans le fichier robots.txt qui permet de bloquer l'utilisation des contenus pour l'entraînement des futurs modèles Gemini. Cependant, cette directive ne bloque pas l'utilisation des contenus dans les AI Overviews, considérées comme faisant partie intégrante de l'expérience de recherche principale.​

Pour exclure un contenu des AI Overviews aujourd'hui, les éditeurs doivent utiliser la balise meta "nosnippet" ou le paramètre max-snippet:0, mais cette approche bloque également le contenu des résultats de recherche classiques. Cette limitation place les éditeurs face à un dilemme : accepter que leurs contenus alimentent les AI Overviews ou perdre leur visibilité dans les résultats de recherche traditionnels.

Enjeux pour les éditeurs de contenus

La CMA a identifié que les éditeurs disposent d'une « transparence limitée » sur la manière dont Google utilise leurs contenus dans les réponses générées par IA et sur l'engagement des utilisateurs avec ces contenus. Cette opacité complique la prise de décisions éclairées, notamment sur l'opportunité d'autoriser Google à utiliser leurs contenus et à quelles fins.​

L'autorité britannique souligne également l'importance d'une attribution « proéminente et précise » des sources, qui peut avoir « un impact significatif sur les résultats pour les éditeurs, notamment les taux de clics ». Bien que Google ait pris des mesures concrètes pour améliorer l'attribution, l'impossibilité actuelle pour les éditeurs de retirer leurs contenus limite les incitations de Google à garantir une attribution suffisamment précise et visible.​

Sarah Cardell, directrice générale de la CMA, a déclaré que ces mesures ciblées et proportionnées donneraient « aux entreprises et consommateurs britanniques davantage de choix et de contrôle sur leur interaction avec les services de recherche de Google », tout en débloquant « de plus grandes opportunités d'innovation dans le secteur technologique britannique et l'économie au sens large ». L'autorité reconnaît toutefois que ses propositions « ne résoudront pas tous les problèmes auxquels sont actuellement confrontés les éditeurs », mais représentent « une condition préalable importante » pour traiter les préoccupations plus larges concernant leur capacité à négocier des conditions raisonnables avec Google.