Une analyse massive de 2,5 millions de liens internes sur 1 700 sites web révèle comment les professionnels du référencement structurent réellement leurs contenus. Les résultats montrent des pratiques globalement saines, mais aussi des opportunités d'amélioration significatives pour renforcer l'autorité thématique et l'efficacité du maillage interne.
Ce qu'il faut retenir :
- 81% des ancres utilisent des mots-clés descriptifs, mais 28% n'ont aucune similarité sémantique avec la page cible
- La majorité des ancres sont très courtes (1-3 mots) ou très longues (11+ mots), avec peu d'ancres de longueur intermédiaire
- 71% des liens internes contextuels se trouvent dans les deux premiers niveaux de hiérarchie du site
- Malgré des pratiques techniques correctes, l'alignement sémantique entre ancres et pages cibles reste faible
Le contexte de l'étude
Spécialisé dans l'optimisation du maillage interne, LinkStorm a exploité sa base de données clients pour analyser 2,5 millions de liens internes contextuels provenant de 1 700 sites web réels. Contrairement aux études théoriques habituelles en SEO, cette étude s'appuie sur des données concrètes extraites directement du contenu principal des sites, après filtrage des menus, sidebars, footers et autres éléments de navigation.
L'analyse des liens internes menées par LinkStorm se concentre exclusivement sur les liens contextuels insérés dans le corps du texte, ceux qui influencent réellement la compréhension thématique par les moteurs de recherche.
Les recommandations officielles de Google
Google Search Central précise que les liens internes servent deux fonctions essentielles : guider les utilisateurs et les crawlers à travers le site, et aider Google à comprendre la structure et l'importance relative des pages. L'entreprise insiste particulièrement sur l'importance du texte d'ancre, qui doit « clairement décrire le sujet de la page liée » et être « descriptif, raisonnablement concis, et pertinent pour la page source et la page cible ».
Ces recommandations forment la base des bonnes pratiques en maillage interne. L'étude permet maintenant de mesurer dans quelle mesure les sites web appliquent réellement ces principes.
Des ancres majoritairement descriptives, mais des exceptions notables

L'analyse révèle que 81% des ancres utilisent des mots-clés descriptifs, ce qui témoigne d'une bonne appropriation des recommandations Google par les professionnels du SEO. Cette proportion élevée montre que la majorité des sites privilégient des textes d'ancre informatifs plutôt que génériques.
Néanmoins, 15% des ancres restent génériques avec des formulations vagues comme « en savoir plus », « cliquez ici » ou « découvrir ». Ces ancres n'apportent aucune information contextuelle aux moteurs de recherche ni aux utilisateurs. Les 3% restants correspondent à des URL nues, une pratique qui limite également la transmission de signaux sémantiques.
Pour optimiser le maillage interne, remplacer ces ancres génériques par des expressions directement liées au sujet de la page cible améliore à la fois la pertinence thématique et la distribution de l'équité de lien (link equity). Comme le souligne Google, un texte d'ancre descriptif aide « les utilisateurs et Google à comprendre la page vers laquelle vous créez un lien ».
Une distribution bipolaire de la longueur des ancres

L'étude met en évidence un pattern surprenant : 61% des ancres contiennent 1 à 3 mots significatifs, tandis que 14% en comptent 11 ou plus. Les ancres de longueur intermédiaire, de 5 à 10 mots, demeurent relativement rares.
Cette distribution aux extrêmes s'explique par deux approches distinctes :
- Les ancres très courtes favorisent la clarté et permettent de cibler précisément un mot-clé ou une expression centrale.
- À l'opposé, les ancres très longues ressemblent souvent à des fragments de phrases extraits du texte environnant, utiles quand elles décrivent véritablement la page de destination.
La zone intermédiaire représente pourtant un sweet spot intéressant : suffisamment longue pour véhiculer des nuances sémantiques, suffisamment concise pour rester focalisée. Sa sous-utilisation suggère une opportunité d'amélioration dans la manière dont les liens internes communiquent leur signification, tant aux moteurs de recherche qu'aux modèles de langage.
Un problème majeur : la faible similarité sémantique

Le constat le plus révélateur concerne l'alignement entre les ancres et les titres des pages cibles. L'analyse montre que 28% des ancres n'ont aucune similarité avec le titre de leur page de destination, et 63% présentent une similarité faible à modérée (inférieure à 0,4 sur une échelle de 0 à 1). Seuls 8% des liens affichent un alignement sémantique fort.
Cette faible corrélation indique que de nombreux liens internes servent davantage des objectifs de navigation ou d'expérience utilisateur que de renforcement de la pertinence thématique. Les ancres ne reflètent pas systématiquement le contenu réel de la page vers laquelle elles pointent.
Cette découverte représente le principal axe d'amélioration identifié par l'étude. Améliorer l'alignement thématique entre ancre et page cible renforce les signaux de pertinence interne et consolide l'autorité thématique du site. L'objectif : créer des liens qui connectent non seulement des pages entre elles structurellement, mais aussi sémantiquement.
Pour cette mesure, l'étude a utilisé une métrique de chevauchement de mots (type Jaccard) entre le texte d'ancre et le titre de la page cible. Bien que moins sophistiquée que des modèles d'embeddings sémantiques, cette approche offre évolutivité et performance sur des millions de liens, tout en fournissant une mesure cohérente et interprétable.
Une structure de site généralement plate

La profondeur des liens internes révèle une architecture majoritairement horizontale : 71% des liens contextuels apparaissent dans les deux premiers niveaux de hiérarchie du site. Moins de 6% atteignent une profondeur supérieure ou égale à 4.
Cette structure interne « plate » présente des avantages significatifs pour l'efficacité du crawl et la distribution de l'équité de lien. Les pages importantes restent accessibles en quelques clics depuis la page d'accueil, facilitant leur découverte par les robots d'indexation.
Toutefois, inclure quelques liens plus profonds peut fournir un contexte supplémentaire pour comprendre les relations hiérarchiques et les clusters thématiques, particulièrement dans des sites à forte volumétrie de contenu.
Les opportunités d'optimisation
L'analyse de 2,5 millions de liens contextuels met en exergue une photographie nuancée des pratiques de maillage interne. Les professionnels du SEO excellent généralement dans la clarté (ancres descriptives courtes) et la crawlabilité (structures plates), mais la richesse sémantique reste à améliorer.
Pour progresser, les SEO doivent donc envisager le maillage interne non seulement comme un outil de distribution du PageRank, mais comme un moyen de construire un réseau thématique cohérent qui reflète authentiquement les relations entre contenus. L'objectif : créer des liens qui transmettent du sens autant que de la structure.
Les trois leviers principaux identifiés sont :
- Remplacer les ancres génériques par des formulations descriptives spécifiques,
- Privilégier des ancres de longueur intermédiaire (3-8 mots) pour équilibrer précision et contexte,
- Et surtout, renforcer l'alignement sémantique entre texte d'ancre et page de destination.
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