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Abondance utilise l’IA à bon escient.

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Ce qu'il faut retenir :

  • Le CPA, la FNPS, le Geste, le SEPM et le Spiil ont déposé le 29 octobre 2026 une plainte auprès de la Commission européenne visant le déploiement d'AI Overviews et d'AI Mode en France.
  • La plainte vient appuyer une enquête formelle ouverte par Bruxelles en décembre 2025 sur l'usage par Google des contenus d'éditeurs et des vidéos YouTube pour nourrir ses services d'IA.
  • Selon des sources proches du dossier citées par le Journal du Net, les éditeurs ont constaté des baisses généralisées de trafic, de taux de clics et de conquête d'abonnés depuis le 22 juillet, très variables selon les sites et les pages.
  • Aucun chiffre n'a été rendu public à ce stade, mais la méthodologie de mesure avant/après utilisée par les plaignants peut servir de modèle aux équipes SEO qui documentent l'impact des réponses IA sur leur propre trafic.

Cinq organisations françaises saisissent la Commission européenne

La plainte a été déposée le jeudi 29 octobre 2026, rapporte Luciana Uchôa-Lefebvre dans le Journal du Net. Elle est portée par cinq organisations représentatives :

  • CPA : le Collectif pour les acteurs du marketing digital.
  • FNPS : la Fédération nationale de la presse d’information spécialisée.
  • Geste : le Groupement des éditeurs de contenus et de services en ligne.
  • SEPM : le Syndicat des éditeurs de la presse magazine.
  • Spiil : le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne.

Elle vise les pratiques de Google liées au déploiement en France des AI Overviews (les résumés générés par IA affichés en tête des résultats de recherche) et de l’AI Mode (le mode de recherche conversationnel de Google). Les plaignants affirment former « la plus large coalition d’associations et d’organisations professionnelles françaises d’éditeurs de sites web jamais réunie » dans une procédure devant l’autorité européenne de concurrence.

La plainte s’adosse à une enquête ouverte en décembre 2025

Les organisations ne lancent pas une procédure isolée. Elles veulent contribuer à une enquête formelle déjà ouverte par la Commission européenne en décembre 2025. Celle-ci cherche à déterminer si Google a enfreint les règles de concurrence de l’Union en utilisant les contenus des éditeurs de sites web et les vidéos publiées sur YouTube pour alimenter ses propres services d’IA.

Dans leur communiqué, les plaignants indiquent vouloir apporter « des éléments factuels recueillis auprès des éditeurs français » et une analyse des pratiques observées depuis le lancement des deux fonctionnalités. Ils n’ont pas détaillé le contenu de ces éléments.

Des baisses de trafic mesurées depuis le 22 juillet

AI Overviews et AI Mode ont été lancés en France le mercredi 22 juillet 2026. Les éditeurs plaignants ont mis en place une méthodologie de mesure comparant plusieurs indicateurs avant et après cette date : trafic, visibilité, notoriété de marque et abonnements.

D’après des sources proches du dossier citées par le Journal du Net, les constats sont les suivants :

  • Trafic : des baisses généralisées, qui varient fortement d’un site à l’autre et même d’une page à l’autre.
  • Taux de clics : une tendance à la baisse du même ordre.
  • Abonnements : un recul de la conquête de nouveaux abonnés.
  • Positionnement : AI Overviews aurait dégradé la place des marques médias dans les résultats de recherche.

Ces éléments restent déclaratifs à ce stade. Aucun pourcentage ni volume n’a été publié, et ils proviennent des plaignants eux-mêmes, via des sources anonymes.

Les éditeurs dénoncent un usage « inéquitable » de leurs contenus

Le cœur de l’argumentaire porte sur les conditions d’utilisation des contenus. Selon les plaignants, Google se sert des articles des éditeurs pour alimenter ses fonctionnalités d’IA sans négociation ni concertation préalable. Le moteur favoriserait ainsi ses propres services et conduirait à une « éviction progressive » des éditeurs du marché.

Les organisations soulignent une situation de dépendance. Les éditeurs ont besoin de Google pour atteindre leur audience, alors que leurs contenus nourrissent des réponses qui peuvent remplacer la visite de leurs sites, « sans qu’aucune transparence, ni maîtrise effective ne leur soit donnée ».

Elles critiquent aussi des modalités d’imposition « non transparentes ». Autrement dit, les éditeurs estiment ne pas disposer de levier réel pour accepter ou refuser l’utilisation de leurs pages dans ces réponses sans perdre leur visibilité dans la recherche classique. Pour rappel, le jeton Google-Extended du robots.txt permet de bloquer l’entraînement des modèles Gemini, mais pas l’apparition dans AI Overviews, qui dépend de l’indexation par Googlebot. Seules les balises de restriction d’extraits (nosnippet, max-snippet) permettent de limiter cette réutilisation, au prix d’extraits réduits dans les résultats classiques.

Un conflit ancien entre Google et la presse française

Les éditeurs avaient alerté dès le 22 juillet sur un lancement effectué sans négociation ni demande d’autorisation, selon le Journal du Net. Ces trois mois leur ont permis de s’organiser et de constituer la coalition.

Le sujet s’inscrit dans une longue série de tensions. En mars 2024, l’Autorité de la concurrence avait infligé à Google une amende de 250 millions d’euros dans le dossier des droits voisins, en lui reprochant notamment d’avoir utilisé des contenus de presse pour entraîner son IA Bard sans en informer les éditeurs.