Knowledge Panel (panneau de connaissance)
Le knowledge panel, ou panneau de connaissance, est l'encart que Google affiche dans sa page de résultats quand la requête désigne une entité que ses systèmes ont identifiée : une personne, une organisation, un lieu, une œuvre, un produit. Il résume les faits essentiels de cette entité, tirés du Knowledge Graph, avec une image, une description, des données clés et des liens vers les profils officiels. Pour une marque ou une personne publique, c'est la carte d'identité que Google lui attribue ; elle se revendique et se corrige, mais ne se crée pas à la demande.
Définition détaillée du knowledge panel
Google a donné sa propre définition dans un billet du 20 mai 2020 signé Danny Sullivan : « parfois, Google Search affiche des encadrés spéciaux contenant des informations sur des personnes, des lieux et des choses. Nous les appelons knowledge panels. Ils sont conçus pour vous aider à comprendre rapidement un sujet en faisant remonter des faits clés, et pour faciliter l'exploration d'un sujet en profondeur. » Le billet précise d'où viennent ces informations : « du Knowledge Graph, qui est comme une gigantesque encyclopédie virtuelle de faits ».
La distinction avec le Knowledge Graph est donc simple et il faut la tenir. Le Knowledge Graph est la base de données, lancée par Google le 16 mai 2012, qui décrit des entités et les relations entre elles, « des choses, pas des chaînes de caractères » selon la formule d'Amit Singhal à l'époque. Le knowledge panel est l'une de ses sorties visibles dans la SERP : un affichage, pour une entité, d'une sélection de faits que la base contient. La même base alimente d'autres éléments, comme les réponses directes, les carrousels d'entités ou la désambiguïsation des requêtes.
Un knowledge panel type comprend, selon Google, un titre et un court résumé du sujet, une description plus longue, une ou plusieurs images, des faits clés (date de naissance d'une personnalité, localisation d'un lieu), et des liens vers les profils sociaux et le site officiel. S'y ajoutent des blocs propres au type d'entité : titres d'un musicien, prochains épisodes d'une série, effectif d'une équipe sportive, horaires et avis d'un commerce. Sur ordinateur, le panneau occupe la colonne de droite ; sur mobile, où l'écran ne permet pas cet affichage côte à côte, Google explique que « les informations du Knowledge Graph ne sont souvent pas présentées dans un seul panneau », mais réparties en plusieurs blocs insérés parmi les résultats.
D'où viennent les informations
Le billet de 2020 est explicite sur les sources : « Wikipédia est une source souvent citée, mais ce n'est pas la seule. Nous puisons dans des centaines de sources à travers le web, y compris des données sous licence qui apparaissent dans les knowledge panels pour la musique, le sport et la télévision. Nous travaillons avec des prestataires médicaux pour créer des contenus soigneusement vérifiés pour les knowledge panels sur les questions de santé. Nous nous appuyons aussi sur le balisage spécial que les propriétaires de contenus peuvent utiliser, par exemple pour indiquer des événements à venir. » En 2012, Google citait comme sources publiques d'origine Freebase, Wikipédia et le CIA World Factbook ; Freebase a depuis fermé, et les référenceurs considèrent généralement Wikidata, la base de données libre sœur de Wikipédia, comme le réservoir d'entités le plus influent, sans que Google l'ait formellement confirmé.
L'API Knowledge Graph Search, documentée par Google, montre ce que la base sait d'une entité : un identifiant unique (par exemple kg:/m/0dl567, dit MID), un nom, des types schema.org (Thing, Person), une description courte, une description détaillée reprise de Wikipédia avec sa licence, une image et l'URL officielle. Cette structure se retrouve presque terme à terme dans le panneau affiché. L'échelle a changé depuis 2012 : de « plus de 500 millions d'objets et 3,5 milliards de faits » au lancement, Google est passé en 2020 à « plus de 500 milliards de faits sur cinq milliards d'entités ».
Deux familles de panneaux ont des sources particulières. Pour les entreprises locales, le panneau est nourri par la fiche Google Business Profile, que le commerçant gère lui-même : horaires, téléphone, adresse, photos, avis. La documentation Search Central indique que « lorsque les utilisateurs recherchent des entreprises sur Google Search ou Maps, les résultats peuvent afficher un knowledge panel proéminent avec les détails d'une entreprise correspondant à la requête », et que les données structurées LocalBusiness permettent de préciser horaires, départements et avis. Pour les marchands, Google évoque un « merchant knowledge panel », dont les politiques de retour, l'adresse et les coordonnées peuvent être influencées par les données structurées Organization.
Le déclenchement
Un knowledge panel apparaît quand deux conditions sont réunies : l'entité existe dans le Knowledge Graph avec suffisamment de faits, et Google est assez confiant que la requête la désigne. Ce second point explique des comportements courants. Une requête ambiguë (un nom porté par plusieurs personnes, une marque qui est aussi un mot courant) peut n'afficher aucun panneau, ou en afficher un pour la mauvaise entité. Une requête de navigation vers un site connu affiche souvent le panneau de l'organisation, avec ses sitelinks à côté. Un panneau peut aussi apparaître pour une requête qui ne nomme pas l'entité mais que Google lui rattache, comme « fondateur de [marque] ».
La présence d'un panneau ne se commande pas. Il n'existe ni formulaire de création ni balise déclenchante : le panneau découle de l'entrée de l'entité dans la base, elle-même issue du croisement de sources publiques, de données sous licence et du balisage des sites. En pratique, une entité qui n'a ni page Wikipédia, ni fiche Wikidata, ni présence structurée et cohérente sur le web a peu de chances d'avoir un panneau, hors cas des entreprises locales dont la fiche Google Business Profile suffit à en générer un.
Revendiquer un panneau et le corriger
La revendication
Google explique que « de nombreux knowledge panels peuvent être revendiqués par le sujet qu'ils concernent, comme une personne ou une entreprise. Le processus de revendication, que nous appelons "se faire valider" (getting verified), permet aux sujets de nous faire directement part de changements potentiels ou de suggérer, par exemple, une photo de préférence. » La validation se fait depuis le panneau lui-même, avec un compte Google, en prouvant que l'on est bien l'entité ou son représentant autorisé, généralement par un compte officiel déjà rattaché à l'entité. Une fois validé, le représentant peut proposer des modifications sur les éléments principaux du panneau : image, description, faits, liens sociaux. Ces suggestions sont examinées par Google, pas appliquées automatiquement.
Les entreprises locales passent par un circuit distinct : Google précise qu'il existe « un processus de revendication séparé, qui opère via Google Business Profile », et qui donne la main sur les éléments propres au commerce, comme les horaires et le numéro de téléphone.
Le signalement d'erreurs
Quiconque, validé ou non, peut signaler une inexactitude par le lien « Commentaires » en bas du panneau, ou par le menu à trois points sur mobile. Google indique qu'il analyse ces retours « pour comprendre comment des inexactitudes ont échappé à nos systèmes », et qu'il retire les faits inexacts contraires à ses règles, « en priorisant les sujets d'intérêt public comme les questions civiques, médicales, scientifiques et historiques, ou les cas de risque de préjudice grave et immédiat ». Une correction de fond passe souvent par la source : modifier la page Wikipédia ou la fiche Wikidata de l'entité, quand les règles de ces projets le permettent, est le chemin que suivent les référenceurs pour faire évoluer un panneau, avec des délais de plusieurs semaines et sans garantie.
Ce qu'un site peut faire pour son panneau
- Baliser la page d'accueil avec des données structurées
Organization(ouPersonpour une personne). La documentation Search Central indique que ce balisage aide Google « à mieux comprendre les détails administratifs de votre organisation et à la désambiguïser dans les résultats », certaines propriétés servant « en coulisses » (identifiantsiso6523Code, codenaics), d'autres influençant « les éléments visuels », dont « le logo affiché dans les résultats et votre knowledge panel ». Le logo doit faire au moins 112 x 112 px, être explorable et indexable. Le format recommandé est le JSON-LD. - Rendre l'entité cohérente sur le web : même nom, même logo, mêmes coordonnées sur le site, les profils sociaux, les annuaires et les bases publiques. Le Knowledge Graph croise ces sources, et les contradictions retardent ou brouillent l'identification.
- Créer ou enrichir les sources de référence quand l'entité y a sa place : une page Wikipédia respectant les critères d'admissibilité, une fiche Wikidata sourcée. C'est un travail de notoriété, pas d'optimisation technique.
- Se faire valider dès qu'un panneau existe, pour pouvoir suggérer image et description et être notifié des changements.
- Pour un commerce, tenir sa fiche Google Business Profile : c'est elle qui fait le panneau local.
Les erreurs fréquentes
- Confondre panneau et base : le Knowledge Graph existe pour des milliards d'entités qui n'ont pas de panneau, et un panneau qui disparaît ne signifie pas que l'entité a été retirée de la base, seulement que Google n'est plus assez sûr de l'afficher pour cette requête.
- Attendre un effet immédiat des données structurées : elles aident à désambiguïser et à choisir le logo ; elles ne créent pas l'entité et ne garantissent pas l'affichage.
- Manipuler Wikipédia ou Wikidata pour fabriquer une notoriété : ces projets ont leurs règles et leurs relecteurs, et une entrée promotionnelle est supprimée.
- Négliger le panneau existant : un panneau non revendiqué peut afficher une image ancienne, une description obsolète ou des faits erronés que le public prend pour la version officielle.
- Prendre le panneau pour un signal de classement : il traduit la reconnaissance d'une entité, ce qui rejoint la notion d'E-E-A-T, mais Google n'a jamais présenté sa présence comme un facteur de positionnement des pages.
Sources :
- A reintroduction to our Knowledge Graph and knowledge panels (Danny Sullivan (Google), The Keyword), le 20 mai 2020
- Introducing the Knowledge Graph: things, not strings (Amit Singhal (Google), The Keyword), le 16 mai 2012
- Organization (Organization) structured data (Google Search Central)
- Local business (LocalBusiness) structured data (Google Search Central)
- Google Knowledge Graph Search API (Google for Developers)
FAQ
Quelle est la différence entre knowledge panel et Knowledge Graph ?
Le Knowledge Graph est la base de données de Google sur les entités et leurs relations, lancée en 2012. Le knowledge panel est l'encart de la page de résultats qui affiche, pour une entité donnée, une sélection des faits que cette base contient. La base alimente le panneau ; elle alimente aussi d'autres éléments de la SERP.
Comment obtenir un knowledge panel pour ma marque ?
Il n'y a pas de demande à déposer. Le panneau apparaît quand l'entité figure dans le Knowledge Graph avec assez de faits et que Google est confiant sur la requête. Les leviers sont indirects : données structurées Organization sur la page d'accueil, cohérence du nom, du logo et des coordonnées sur le web, présence dans des sources de référence comme Wikipédia ou Wikidata quand l'entité y est admissible. Pour un commerce, la fiche Google Business Profile suffit à générer un panneau local.
Comment revendiquer un knowledge panel ?
Par la procédure que Google appelle « se faire valider » : depuis le panneau, avec un compte Google, en prouvant que l'on est l'entité ou son représentant. Une fois validé, on peut suggérer une image, une description ou des corrections, que Google examine avant de les appliquer. Les entreprises locales passent par Google Business Profile.
Comment corriger une information fausse dans un knowledge panel ?
Par le lien « Commentaires » en bas du panneau, ou le menu à trois points sur mobile, ouvert à tous ; par les suggestions de modification si l'on est validé ; et, pour les faits repris de Wikipédia ou de Wikidata, en corrigeant la source elle-même dans le respect de ses règles. Google indique traiter en priorité les sujets d'intérêt public et les risques de préjudice.
Pourquoi mon knowledge panel a-t-il disparu ?
Le plus souvent parce que Google n'est plus assez confiant pour associer la requête à l'entité : ambiguïté avec une autre entité, sources contradictoires, changement dans la page Wikipédia ou la fiche Wikidata. L'entité n'a pas pour autant quitté le Knowledge Graph. Vérifier la cohérence des sources et les données structurées est le premier réflexe.
En résumé
- Knowledge panel : encart de la SERP qui résume une entité (personne, organisation, lieu, œuvre) à partir du Knowledge Graph, avec image, description, faits clés et liens officiels.
- Distinction : le Knowledge Graph est la base (lancée en 2012, plus de 500 milliards de faits en 2020) ; le panneau en est un affichage.
- Sources : Wikipédia et des centaines d'autres, données sous licence (musique, sport, télévision), contenus médicaux vérifiés, balisage des sites ; Google Business Profile pour les commerces.
- Déclenchement : entité présente dans la base et requête non ambiguë ; aucun formulaire ni balise ne crée un panneau.
- Revendication et correction : validation depuis le panneau pour suggérer des modifications, lien « Commentaires » ouvert à tous, correction des sources (Wikipédia, Wikidata).
- Leviers : données structurées Organization ou Person en JSON-LD, logo d'au moins 112 x 112 px, cohérence de l'entité sur le web.
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